Karim Notes

Enfermé dans la boucle infinie de l'absurdité

Il y a des périodes où tout paraît mécanique comme pour moi en ce moment. Ce sont toujours les mêmes préoccupations qui reviennent chaque matin, le travail, l'argent, les relations, la santé. C'est toujours la même chose, je passe mes journées au travail et le soir je m'endors pour recommencer le lendemain. Et quand je projette cette boucle dans le futur, il y a comme un malaise à me dire que ça sera encore les mêmes journées dans 10, 15 ou 20 ans ...

Le malaise est encore plus grand lorsque je prends conscience de toutes les journées quasi identiques qui sont déjà passées. Pour la plupart d'entre elles, ces journées ont consisté à travailler dans un bureau. Il y a comme un sentiment de passer à côté de sa vie, ça n'a pas de sens.

J'en suis à la moitié de ma vie à la quarantaine. Le temps est passé tellement vite. Plus rien ne semble pouvoir l'arrêter. J'aimerais pouvoir briser cette boucle pour ne pas passer le reste de ma vie dans un bureau, pour ne pas gaspiller les années qui restent. Mais comment briser cette boucle ? Je n'ai pas de solution.

On pourrait être tenter de changer de métier, de s'expatrier dans un nouveau pays, d'entamer une nouvelle relation, certains ont essayé mais le schéma initial finit toujours par se répéter. De nouveaux cycles se mettent en place. Beaucoup s'imagine aussi, qu'avec l'indépendance financière, la question ne se posera plus. Je ne crois pas. On se raconte des histoires à penser que ça sera différent plus tard.

Au fond, je crois qu'il est vain de chercher des solutions et du sens à tout cette absurdité, en fin de compte il vaut mieux en rire. J'ai en tête cette scène qui m'a fait rire justement parce qu'elle était absurde : arrêté en voiture au feu rouge d'un carrefour, j'ai vu un bus passé devant moi et une bonne dizaine de secondes après, j'ai vu une personne en surpoids courir après dans l'espoir de l'attraper. Il n'avait aucune chance.

Cette scène résume à elle seule le tragi-comique de nos vies : tenter des choses avec la lucidité du non-sens de ce qu'on tente de faire. C'est tragique mais en rigoler permet de prendre du recul. Le rire agit comme une thérapie. Ca fait du bien.

Mais c'est pas toujours facile d'en rire. Parfois la fatigue émotionnelle, la solitude ou les déceptions nous donne pas envie. Dans ces moments-là où l'état émotionnel est bas, le risque est de traverser cette période comme un fantôme et de s'isoler. Pour éviter ça, j'ai choisi de créer, de partager, c'est une manière d'aller vers les autres. La création peut prendre plusieurs formes, l'écriture, la photographie, parfois la peinture, toute forme d'art qui permet de s'exprimer et de laisser une trace.

C'est quelque part un acte de résistance au repli sur soi. Peu importe l'issue, au moins quelque chose subsistera.

color from loneliness

Merci pour votre lecture.